Des scientifiques découvrent la protéine qui unit les spermatozoïdes à l'ovule

Une molécule, nouvellement nommée Juno, semble jouer un rôle crucial dans la conception. Des scientifiques ont en effet récemment identifié une protéine longtemps recherchée qui permet aux spermatozoïdes de se lier à la surface de l’ovule. Cette découverte, une étape importante dans la compréhension du processus de conception, pourrait éventuellement mener à de nouveaux tests diagnostiques ainsi qu’à de nouveaux traitements en fertilité.

« C’est très important, puisque nous connaissons maintenant deux des protéines responsables de la fixation des spermatozoïdes à l’ovule », explique Paul Wassarman, un biochimiste et biologiste du développement à l’École de médecine Icahn, à New York.

Les travaux, publiés le 16 avril dernier dans la réputée revue Nature, ont été dirigés par Gavin Wright, un biochimiste à l’Institut Wellcome Trust Sanger, au Royaume-Uni. Lui et son équipe étaient à la recherche de la contrepartie ovocytaire liant la protéine Izumo1, découverte en 2005 sur la surface des spermatozoïdes. Les scientifiques savaient déjà que Izumo1 permettait aux spermatozoïdes de se fixer à l’ovule, pour commencer ainsi le processus de la fécondation. Personne ne connaissait toutefois jusqu’à maintenant la protéine liant Izumo1 à la surface de l’ovule.

Juno

La protéine Juno est rapidement libérée de la surface des ovules normalement fécondés, alors qu’elle ne l’est pas des ovules fécondés par micro-injection de spermatozoïde (ICSI) ou activés par parthénogenèse. a. La protéine Juno devient rapidement indétectable de la surface cellulaire des ovules, après leur fécondation. Juno (vert) est exprimée sur les ovules en métaphase II, mais est à peine visible en télophase II, puis indétectable sur les zygotes au stade pronucléaire (après fécondation). b. Microscopie électronique par immunomarquage localisant la protéine Juno principalement à la surface d’un ovule non fécondé; une fois l’ovule fécondé (1 heure après la fécondation), la protéine est relâchée dans des vésicules au sein de l’espace périvitellin. ZP, la zone pellucide. c. Ovules fécondés par ICSI ou activés par parthénogenèse conservant la protéine Juno à leur surface, au moins jusqu’au stade pronucléaire.


L’identification des protéines impliquées dans l’étape de liaison fut difficile puisque les molécules concernées ont tendance à se lier très faiblement les unes aux autres. Par une technique de laboratoire se comparant à l’adhésion à un Velcro, les scientifiques ont réussi à capter puis à identifier la protéine liante à la surface des ovules, le Récepteur de folate 4.
L’équipe de Wright propose de renommer cette protéine de surface ovocytaire, Juno, au nom de la déesse romaine de la fertilité et du mariage. Izumo1 était déjà connue comme un symbole culturel japonais de la reproduction – sanctuaire de mariage.
L’équipe a aussi constaté que Juno existe chez les mammifères, y compris les humains, et que, sans elle, les ovules et spermatozoïdes humains ne peuvent pas fusionner. Ils ont également noté que les souris femelles dépourvues de Juno sont en bonne santé, mais incapables de se reproduire. Cela rend la liaison entre Juno-Izumo1 indispensable à la reproduction.Wright et son équipe ont également découvert que Juno joue un autre rôle très important, soit d’empêcher d’autres spermatozoïdes de se lier à l’ovule, une fois qu’il a été fécondé.
Les résultats pourraient être utilisés tout de suite dans le diagnostic et le traitement de l’infertilité. Des tests diagnostiques pourraient ainsi être élaborés en laboratoire afin de mieux évaluer le pouvoir fécondant des spermatozoïdes chez un individu. Les femmes qui ont de la difficulté à concevoir pourraient aussi être testées afin de déterminer si leurs ovules expriment normalement la protéine Juno. En présence d’une expression défectueuse, une microinjection intracytoplasmique de spermatozoïdes, dans laquelle un seul spermatozoïde est injecté dans un ovule, pourrait alors être offerte d’emblée.
 
Article scientifique: http://goo.gl/ofklNz

Laissez un commentaire

À lire aussi