Échange d'ADN entre ovules afin de prévenir des maladies d'origine maternelle

Selon une nouvelle étude publiée cette semaine dans la revue Nature, il sera un jour possible de prévenir chez l’humain certaines maladies mitochondriales potentiellement fatales, transmises génétiquement de la mère à l’enfant, par « échange d’ADN entre ovules. »
Les mitochondries sont des organelles intracellulaires, productrices d’énergie, leur ADN provient de la mère. Des défauts au niveau des mitochondries affectent environ 1 enfant sur 4000 et se présentent sous la forme de différentes maladies, dont la rétinite pigmentaire, l’ataxie, la myopathie, etc. Des mutations mitochondriales sont également impliquées dans des maladies plus connues chez l’adulte, comme la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer.
En remplaçant les mitochondries d’un ovule provenant d’une mère à risque de transmettre un défaut génétique, il serait ainsi possible de prévenir la transmission d’une maladie mitochondriale à la descendance.
L’équipe de recherche, qui publie ses résultats cette semaine, a réussi à extraire chez le singe le noyau cellulaire d’ovules non fécondés, sans leurs mitochondries, et à les injecter dans d’autres ovules sains non fécondés après que leur propre noyau cellulaire ait été extrait. Le taux de fécondation obtenu chez de tels ovules est bon, permettant non seulement le développement en laboratoire d’embryons jusqu’au stade de blastocyste (environ 100 cellules), mais également leur implantation fructueuse dans l’utérus jusqu’à la naissance de nouveau-nés en bonne santé.
Cette technique soulève naturellement des préoccupations éthiques et scientifiques. Son innocuité et son efficacité chez l’humain restent à prouver. Si toutefois elle fonctionnait sans danger, il s’agirait d’une percée majeure dans la prévention des maladies d’origine mitochondriale. Il serait assez facile de l’appliquer cliniquement puisque l’équipement requis est relativement simple (microscopes et laser pour percer l’ovule) et retrouvé actuellement dans la très grande majorité des laboratoires de fécondation in vitro chez l’humain.
Voir l’article de Nature

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