Et vous, que diriez-vous à M. Barrette?

Valérie, technologiste médicale chez Fertilys, nous partage le témoignage qu’elle a adressé au Ministre Barrette, suite à l’abolition du programme de procréation assistée et face à la menace de désassurance des médicaments.

Laval, le 17 février 2016
À : M. Gaétan Barrette
Ministre de la Santé et des Services sociaux

Je suis privilégiée. Je suis mère.
J’ai donné la chance à un grand homme d’être papa. À d’autres de devenir grands-parents… d’ajouter des feuilles à notre arbre familial de la grande forêt généalogique québécoise.
Je jouis d’un autre grand privilège. Je travaille dans un centre de procréation assistée.
Je traite, réconforte, accompagne, console, donne espoir et soutiens des personnes qui souhaitent pouvoir un jour rédiger à leur tour les 2 premiers paragraphes de cette lettre. Des êtres sensibles, brimés, parfois vulnérables mais toujours déterminés qui veulent concrétiser ce besoin intrinsèque de la nature humaine : Concevoir un/des enfant(s) et être fiers de bâtir une famille québécoise.
En privant le domaine de la fertilité de ses précieuses ressources financières;

  • Je prive des patients en détresse d’un traitement, ayant un remède accessible en main : aider à concevoir des enfants.
  • Je suis contrariée que la privatisation de notre système de santé gagne du terrain et que ces coupures s’appliquent éventuellement sur d’autres domaines médicaux, faisant d’autres victimes.
  • Je perds confiance en un programme d’assurance maladie auquel je participe honnêtement avec mes impôts et que j’aspire accessible et équitable pour tous.
  • J’anticipe que les compagnies d’assurances privées emboitent le pas en excluant les médicaments des couvertures, brimant les honnêtes bénéficiaires de cet avantage.
  • J’anticipe les coûts incommensurables associés au fait que les personnes ne pouvant obtenir les traitements de l’infertilité se procurent d’autres type de services (détresse psychologique, traitements moins efficaces répétitifs, grossesse à risques, etc.).
  • J’anticipe la dissipation des investissements injectés aux centres de recherches et installations hautement technologiques des dernières années dans le réseau de la santé, incluant des centres de procréation assistée ultra-modernes bientôt désertés.
  • Je dénonce l’arrivée de groupes lucratifs, dit « prêteurs », qui pourront bénéficier monétairement de la détresse des uns et de la vulnérabilité des autres, sur le dos d’enfants à naître.
  • Je suis inquiète d’une stabilité d’emploi via une carrière dans lequel je m’épanouie. Des emplois et une expertise scientifique de pointe dans un domaine innovateur en optimisation continue sont en danger et en exil.

En attente d’une rectification de vos décisions concernant la fin des services couverts par la RAMQ de Fécondation In vitro ET de la médication reliée à ce service, en espérant une réponse plus que favorable pour cette cause si importante pour les patient(e)s, les professionnels, les scientifiques, la parenté, la nation québécoise et ses valeurs fondamentales… Veuillez agréer mes sincères salutations.

Valérie

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