Un article du Devoir sur Fertilys – à la défense du programme public de procréation

Un article de la journaliste Amélie Daoust-Boisvert du Devoir relate aujourd’hui avec clarté la mission que s’est donnée Fertilys. Cet article souligne avec beaucoup de gentillesse et de justesse, la très grande fierté qu’éprouvent tous mes collègues de travail, en aidant quotidiennement, à échelle humaine, les couples infertiles. Souhaitons que cet article saura convaincre le gouvernement actuel, incluant le premier ministre Dr Philippe Couillard et le ministre de la Santé Dr Gaétan Barrette, de la grande valeur que représente des modèles comme ceux de Fertilys afin de maintenir un  programme public de procréation assistée de qualité, rentable socialement et accessible à tous les couples infertiles, indépendamment de leur fortune personnelle.  
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26 juin 2014 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
PROCRÉATION ASSISTÉE

Une clinique ouvre malgré l’incertitude

La fin du programme public forcerait sa fermeture

Le Dr Pierre Miron croit que de petites cliniques comme la sienne pourraient servir de modèle et réduire les coûts du programme.

Photo : Jacques Nadeau Le Devoir. Le Dr Pierre Miron croit que de petites cliniques comme la sienne pourraient servir de modèle et réduire les coûts du programme.

En pleine remise en question du programme public de procréation assistée, une nouvelle clinique de fertilité offrant la fécondation in vitro (FIV) a ouvert ses portes, en toute discrétion, à Laval.
Son fondateur, le Dr Pierre Miron, a annoncé une première grossesse à un couple en février. Avant même que ce premier bébé ne soit né, il doit se rendre à l’évidence : si le programme public est aboli, il devra mettre la clé dans la porte.
«Ça ne survivrait pas ici. Je ne me mettrais pas à facturer des prix exorbitants aux patients», a-t-il expliqué la semaine dernière au Devoir, alors qu’il ouvrait ses portes à un journaliste pour la première fois. «Je n’aurais jamais fait tout ça si j’avais su que le gouvernement allait couper. Je ne veux pas parler d’argent avec les patients!»
Fondateur de la clinique de procréation assistée Procréa, qu’il a quittée en 2001, le gynécologue obstétricien s’était remis à la pratique en fertilité depuis quelques années en créant Fertilys. Il n’offrait alors que les traitements de première ligne et le dépistage prénatal. En 2008, il s’est battu auprès de l’Association des couples infertiles et de Julie Snyder pour un programme public.
Quand, en 2010, le financement étatique a été confirmé, il a aussitôt entamé les démarches pour ouvrir une clinique qui offrirait la FIV.

À l’échelle humaine

Près de quatre ans plus tard, le rêve est devenu réalité cet hiver, non sans avoir rencontré plusieurs embûches. Le Dr Miron, empêtré à deux reprises dans les dédales administratifs pour l’obtention de son permis, raconte avoir rencontré les ministres Yves Bolduc puis Réjean Hébert au cours de ses démarches.
Quand il présente les salles de consultation, le laboratoire et les deux salles d’opération, le Dr Miron ne cache pas sa fierté, non plus que son inquiétude. Pour un objectif de 1000 cycles de FIV, le centre, de modestes dimensions, a requis un investissement de 2,3 millions de dollars. Le Dr Miron a contracté un prêt et puisé dans ses économies personnelles. La clinique est locataire d’un immeuble flambant neuf à l’ombre de l’autoroute 15, à Laval.
Le Dr Miron a dû recruter un embryologiste portugais. Dans le couloir de la clinique aux murs immaculés, Yannick Ferreira affirme, en français, que c’est la perspective de monter un laboratoire de A à Z qui lui a fait traverser l’Atlantique. Une collègue iranienne vient aussi tout juste d’arriver en renfort. Il n’existe aucun programme de formation en embryologie au Québec, et ces professionnels rares font l’objet d’un recrutement féroce. Sans eux, pas de FIV.

Petites cliniques

Les coûts du programme, soit près de 70 millions par an sans compter les investissements, sont dans la mire de Québec, qui cherche partout les économies potentielles. Le Dr Miron, qui affirme que le ministère a refusé qu’il constitue sa clinique en organisme à but non lucratif, croit qu’une petite clinique comme la sienne pourrait servir de modèle et participer au contrôle des coûts. Il s’engage même à dévoiler chaque année ses états financiers à Québec, pour mettre cartes sur table.
Le Dr Miron dénonce le fait que des dizaines de millions ont été investis dans les cliniques des hôpitaux universitaires. «Je ne comprends pas comment ç’a pu coûter aussi cher. Les abus ne sont pas seulement du côté du secteur privé», glisse-t-il.
Pour un objectif de 800 cycles de FIV, le centre de l’hôpital Sainte-Justine a nécessité un investissement de 7,7 millions de dollars, contre 16 millions pour un objectif de 1500 cycles au CHUM.
«Les régions ont été négligées, croit aussi le Dr Miron. On aurait pu avoir plus de centres plus petits, déployés ailleurs qu’au centre-ville de Montréal!»

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