Relations sexuelles pendant une procréation assistée

Plusieurs couples évitent d’avoir des relations sexuelles pendant un traitement de procréation assistée par crainte que les contractions utérines lors de l’orgasme ou la pression du pénis sur le col utérin délogent l’embryon de son site d’implantation et causent une fausse couche.
Plusieurs médecins découragent aussi leurs patients d’avoir des relations sexuelles pendant le traitement, préoccupés par les risques de rupture douloureuse d’un kyste ovulatoire ou d’une superfétation produite par des conceptions simultanées, spontanée et assistée.
Pourtant, malgré ces inquiétudes, il existe des évidences scientifiques solides qui confirment qu’en cours de traitement, l’exposition du tractus génital féminin au sperme (ou au liquide séminal) améliore les chances de conception et de grossesse évolutive.
Dans une étude prospective, des couples en traitement de fécondation in vitro ont été randomisés au hasard en deux groupes (n=400 cycles), soit (1) de s’abstenir complètement ou (2) d’avoir des relations sexuelles dans les deux jours précédant et suivant le transfert d’embryon(s). Le taux d’implantation embryonnaire a été amélioré de 50 % chez les couples ayant eu des relations sexuelles comparativement à ceux qui se sont abstenus.
Deux études ont également examiné en fécondation in vitro l’effet de l’exposition artificielle au sperme ou au liquide séminal lors du prélèvement d’ovules. Dans la première étude, réalisée chez 113 femmes, le dépôt de sperme du conjoint au fond vaginal a augmenté par deux fois leur taux de grossesse après transfert d’embryons. Une autre étude chez 168 patientes rapporte une augmentation du taux d’implantation embryonnaire de 45 % chez le groupe exposé au liquide séminal. Cette augmentation du taux de succès en FIV a également été notée chez les femmes ayant pourtant une obstruction complète des trompes de Fallope.
Ceci suggère une action favorable du sperme sur la réceptivité de la muqueuse utérine, l’endomètre. La présence de facteurs immunosuppressifs dans le liquide séminal, comme la prostaglandine E1 et le facteur de croissance transformant (TGF-β), enclencherait une tolérance immunitaire maternelle, prévenant le rejet de l’embryon. Le sperme favorisait également le développement embryonnaire en stimulant la relâche par l’endomètre de substances solubles de signalisation cellulaire, les cytokines.
En conclusion, la majorité des études scientifiques supporte que l’exposition du tractus génital féminin au sperme ou au liquide séminal favorise positivement les chances de succès en procréation assistée. Avoir des relations sexuelles en cours de traitement n’est donc pas nuisible, au contraire. La seule exception à la règle s’applique possiblement aux rares femmes ayant une réponse exagérée des ovaires à une stimulation ovarienne (hyperstimulation ovarienne) ou des douleurs pelviennes importantes.

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